De la maladie de Crohn à la résilience : mon parcours, mon EMI et ma reconstruction

Mon parcours personnel et professionnel est intimement lié à une histoire de résilience, de maladie et de transformation.

Très jeune, j’ai été confrontée à la maladie de Crohn, à des hospitalisations lourdes et à des pronostics médicaux particulièrement difficiles à entendre. À 15 ans, alors que mon état de santé était critique, j’ai également vécu une expérience de mort imminente qui a profondément transformé mon rapport à la vie, à la maladie et, plus tard, à l’accompagnement thérapeutique.

Ce parcours, je l’ai récemment raconté dans une interview accordée à ABC Talk. J’y partage mon histoire, mais surtout ce qu’elle m’a appris au fil des années : rien n’est forcément figé dans le marbre.

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Une enfance et une adolescence profondément marquées par la maladie

Mon histoire commence bien avant ma pratique thérapeutique.

À seulement huit mois, j’ai été enlevée par mon père. J’ai ensuite grandi auprès d’une mère dépressive, avec pour principal repère affectif mon grand-père. Lorsque celui-ci est décédé alors que j’avais 11 ans, mon équilibre a été profondément bouleversé.

C’est également à cette période que mon état de santé s’est fortement dégradé.

La maladie s’est progressivement installée jusqu’au diagnostic de maladie de Crohn. Cette maladie inflammatoire chronique est devenue omniprésente dans mon quotidien : douleurs, fatigue, hospitalisations, éloignement de l’école et abandon temporaire de certaines de mes passions, notamment l’équitation.

J’ai alors découvert très jeune ce que signifie vivre avec une maladie invisible : souffrir réellement, profondément, alors que ce que l’on traverse n’est pas nécessairement visible aux yeux des autres.

Quand un diagnostic semble décider de votre avenir

À l’époque, les médecins étaient extrêmement pessimistes concernant mon avenir.

On m’a notamment annoncé que je ne dépasserais probablement pas l’âge de 30 ans et que je ne pourrais jamais avoir d’enfants.

Quand de telles paroles sont prononcées alors que l’on est encore enfant ou adolescente, elles peuvent devenir beaucoup plus qu’un diagnostic. Elles peuvent devenir une projection de toute une vie.

Pendant longtemps, j’ai donc grandi avec cette idée que mon avenir était déjà écrit.

Et pourtant, la suite de mon histoire allait me montrer exactement l’inverse.

Mon expérience de mort imminente à 15 ans

À l’âge de 15 ans, mon état de santé est devenu critique. Je ne pesais plus que 31 kg et je me trouvais en réanimation.

C’est à ce moment-là que j’ai vécu une expérience de mort imminente, ou EMI.

J’ai ressenti une puissance extrêmement difficile à décrire avec des mots, ainsi qu’une impression très nette de sortir de mon corps.

J’ai perçu différentes formes, puis une forme immense qui semblait me barrer le passage. Une voix puissante m’a alors fait comprendre que ce n’était pas encore mon heure et qu’il me restait des choses à accomplir.

J’ai ensuite ressenti un retour extrêmement brutal dans mon corps, avec à nouveau les douleurs physiques et la sensation des différents branchements médicaux.

Quelle que soit la manière dont chacun choisit d’interpréter une telle expérience, elle a profondément changé quelque chose en moi.

À partir de ce moment-là, mon rapport à la vie n’a plus jamais été exactement le même.

Choisir de vivre malgré les pronostics

À la suite de cet épisode, j’ai accepté de subir une intervention chirurgicale importante et risquée.

Cette opération a joué un rôle majeur dans la suite de mon parcours et m’a permis de commencer une véritable reconstruction.

Les années ont ensuite progressivement déconstruit certains des pronostics que j’avais entendus adolescente.

J’ai dépassé l’âge de 30 ans.

Et contrairement à ce qui m’avait été annoncé, je suis devenue mère de deux garçons.

Mon parcours ne m’a jamais conduite à rejeter la médecine. Bien au contraire : elle a été indispensable dans mon histoire.

Mais j’ai compris qu’un diagnostic médical et un pronostic ne devaient pas nécessairement devenir une identité ou définir à eux seuls toutes les possibilités d’une existence.

De mon parcours personnel à ma pratique thérapeutique

Au fil des années, j’ai ressenti le besoin de comprendre plus profondément les mécanismes psychologiques, émotionnels et inconscients qui peuvent influencer notre manière de vivre une épreuve.

Je me suis alors formée à la psychopathologie, à la psychothérapie, à l’hypnose ericksonienne et à la Programmation Neuro-Linguistique (PNL).

Aujourd’hui, je suis psychopraticienne et maître praticienne en hypnose ericksonienne et en PNL.

Ma pratique thérapeutique est naturellement influencée par mon propre parcours.

Lorsque j’accompagne une personne souffrant d’une maladie invisible, d’un traumatisme ou d’une douleur chronique, je sais personnellement ce que peut représenter le sentiment de ne pas être compris, de perdre confiance dans son propre corps ou d’avoir le sentiment que l’avenir se referme.

Chaque histoire reste évidemment unique. Mon vécu ne remplace jamais celui de la personne que j’accompagne.

Mais il nourrit profondément ma manière d’écouter.

L’autoguérison : retrouver les ressources qui existent en nous

Une conviction importante s’est construite tout au long de mon parcours : l’être humain possède des capacités de transformation souvent bien plus importantes qu’il ne l’imagine.

Lorsque je parle d’autoguérison, je ne parle évidemment pas de remplacer la médecine, d’interrompre un traitement ou de croire que la pensée peut à elle seule faire disparaître une maladie.

Je parle de notre capacité à agir sur notre vécu émotionnel, nos traumatismes, certains automatismes et certaines croyances profondément installées.

Un traumatisme peut continuer à influencer notre manière de réagir des années après l’événement initial.

Le travail thérapeutique peut alors permettre d’identifier ces mécanismes, de les comprendre et, progressivement, de construire d’autres réponses.

C’est notamment ce que je recherche à travers l’hypnose ericksonienne, la PNL et la psychothérapie : aider chacun à retrouver des ressources auxquelles il n’a parfois plus accès consciemment.

Accepter aussi ce que nous ne savons pas expliquer

Au cours de ma pratique, j’ai également vécu certaines situations difficiles à expliquer uniquement de manière rationnelle.

Des intuitions particulièrement fortes, des sensations de connexion avec certaines personnes ou des événements inhabituels survenus pendant des séances ont progressivement nourri ma réflexion.

Je ne cherche pas nécessairement à imposer une explication à ces phénomènes.

Je considère simplement que notre compréhension actuelle de l’être humain reste incomplète et que certaines expériences méritent parfois d’être accueillies avant d’être immédiatement enfermées dans une interprétation.

« Rien n’est figé dans le marbre »

S’il existe une phrase capable de résumer mon parcours, ce serait probablement celle-ci :

Rien n’est figé dans le marbre.

À 15 ans, mon avenir semblait presque déjà écrit par la maladie.

Je pensais que je ne dépasserais pas 30 ans. Que je ne serais jamais mère.

Aujourd’hui, je regarde évidemment ces annonces avec une perspective totalement différente.

Je suis devenue mère de deux garçons. Je me suis formée. Je suis devenue thérapeute. Et une partie de ce que j’ai vécu est devenue précisément ce qui me permet aujourd’hui d’accompagner les autres.

Je ne considère pas la souffrance comme quelque chose qu’il faudrait idéaliser.

Mais je sais qu’une épreuve peut parfois devenir, avec du temps et un travail approprié, le point de départ d’une transformation.

Accompagner pour transmettre à mon tour

Aujourd’hui, à travers mon activité de psychopraticienne à Sophia-Antipolis, ma mission est d’accompagner les personnes qui souhaitent comprendre ce qui les bloque, dépasser certains traumatismes et retrouver davantage de liberté dans leur manière de vivre.

J’utilise notamment la psychothérapie, l’hypnose ericksonienne et la PNL, en adaptant toujours mon approche à la personne qui se trouve face à moi.

Parce qu’aucune personne ne se résume à un diagnostic, à un traumatisme ou à une période difficile de son histoire.

Ce qui vous est arrivé fait partie de votre histoire. Cela ne signifie pas que cela doive écrire toute la suite.

Découvrez mon témoignage complet sur ABC Talk

Dans cette interview accordée à ABC Talk, je reviens beaucoup plus en détail sur mon enfance, la maladie de Crohn, mon expérience de mort imminente à 15 ans, ma reconstruction et la manière dont j’ai progressivement trouvé ma voie dans l’accompagnement thérapeutique.

🎥 Voir mon interview complète sur YouTube

Si certains éléments de mon histoire résonnent avec ce que vous traversez aujourd’hui, vous pouvez également découvrir mon approche et mes accompagnements directement sur ce site.